Americanah. De Dreamers à Returnees

Americanah

« As teenagers in a Lagos secondary school, Ifemelu and Obinze fall in love. Their Nigeria is under military dictatorship, and people are leaving the country if they can. Ifemelu departs for America to study. She suffers defeats and achieves triumphs, all the while feeling the weight of something she never thought of back home : race. Obinze had hoped to join her, but post-9/11 America will not let him in, and he plunges into undocumented life in Britain.

Years later, Obinze is wealthy in a newly democratic Nigeria, while Ifemelu has achieved success as a writer of an eye-opening blog about race in America. When Ifemelu decides to return home, she and Obinze will face the hardest decision of their lives. » (Fourth Estate)

Ifemelu – Obinze. Parcours migratoires parallèles

Americanah, qualificatif donné aux « Returnees », rentrant au Nigéria enveloppés d’une aura glamour après un séjour dans la mythique Amérique ou autres terres de l’Ouest. And so Ifemelu had made it in America, l’Amérique tant fantasmée d’Obinze, son amour de jeunesse, qui connaîtra lui une toute autre fortune sur la terre de Shakespeare. Alors qu’Ifemelu revient successful, une carte verte dans son bagage à main et rejoint le club très sélect des cosmopolitan Nigerian, Obinze regagne Mother Land déporté et menotté, mais avec sa dignité.

Dans Americanah, il est question de construction et de parcours identitaires dans la mobilité, avec leur galerie de masques, emprunts, synthèses et inspirations. Dans Americanah, il est beaucoup question d’accents et de cheveux, qu’on imite puis qu’on arrête d’imiter, qu’on repasse puis qu’on finit par assumer. Dans ce roman, il est question de Dieu aussi, et de tous ceux qui mènent des vies de bien sous l’oeil bienveillant d’une main invisible ayant apparemment décidé que rien n’était destiné à bouger…

Enfin dans Americanah il est question d’Amérique, d’Angleterre et de Nigeria. De races américaines, de classes anglaises et de clientélisme nigérien. En somme de tribus…

Départ parmi la jeunesse nigériane

Nigerians get around, they have too, they are too many, not enough space                    Gouvernement militaire                      

The longing for Europe, de l’image que les Nigérians s’en font       « American passport the coolest thing »      

N’émigrent plus seulement en Amérique, mais in South Africa, everywhere, lots of « checking out »             

Mentir pour obtenir un visa                Mobilité entravée : peur du terrorisme, peur des pauvres                  Mythologie de l’ailleurs entretenue par les expatriés

Focus sur Ifemelu – Premiers pas en Amérique

Dépression           N’envoie pas d’argent en Afrique, en reçoit

Embrasser une autre identité pour s’en sortir, emprunter somebody else Social Security Card pour travailler.

Découvre : les oranges sans pépins, que « race is class »

Sa boss Kimberly loves les « multicultural names« …          

Entend parler de l’Afrique à travers les safaris, les guerres, les oeuvres caritatives….            

Explique à sa boss que « Not every black people is beautiful » (147)  

Home begins to seem a distant place…

Easier for her to become friends with other international students than with Americans, and white and black.

Retrouve sa tante aux 3 jobs + diplôme US en cours, désillusionnée et endurcie. Qui pense « everybody is conflicted, identity this, identity that« , ainsi de son fils, qui tentera de lui le crier de la plus radicale des manières…

Entame une investigation sur sa terre d’adoption et découvre les trois America’s tribalisms : race, ideology, region.   

Lancée dans ses recherches, Ifemelu se lance  dans un blog pour Understand America for a non-American Black.

Après trois ans « She had won« , « Sounds totally American« … Mais… it is not her, alors elle stop faking the American accent.

Relationship One and Identity – Le républicain « aristo » Curt

Curt, le wealthy white et son monde léger, facile, un monde de coton, un monde qui ouvre les portes.

Avec Curt, Ifemelu has a « new self« , « slipped out of her old skin« .

Pour lui obtenir ses papiers, Curt « makes some calls » et « avoids the tunnel of immigration paperwork« .

Environnement familial politique de Curt : des républicains anti-welfare mais pro-civil rights.

Ifemelu : « And would you like to know what kind of Republican I am ?« 

La mère de Curt tolère les aventures « exotiques » de sa descendance, persuadée qu’il se casera dans sa caste.

A un moment, Ifemelu « no longer knew who she had been before Curt« .

Ifemelu et Curt : « A tribe loss« .

Ifemelu découvre HapilyKinkyNappy.com, site pour cheveux afros, nouvelle étape symbolique dans sa construction identitaire.

Relationship Two and Identity – Le démocrate « organic » Blaine

Profil de Blaine : Afro-Américain académicien accompli, intellectuel et vegan, mais pas dupe sur la condition des Afro-Américains en Amérique. Environnement : monde académique libéral.

Ifemelu ne comprend pas le snobisme de Blaine et ses academic friends et plonge dubitative dans la communauté bio occidentale (elle rentrera au Nigeria un peu organic eater/eager too…), découvre ce nouveau mouvement des classes privilégiées « who drink milk straight from the cow« .

Et puis aussi elle se demande « What is a condo anyway ? » (un micro post-modern flat dont elle fera bientôt l’acquisition grâce au succès de son blog et de ses conférences…).

La rendent perplexe : la querelle avec les malls (les trouve avenants dans leur similitude), le grunge (soit le fait de « looking shabby cause you could afford not to be…« ), elle doesn’t like soul food et préfère les « cheap chocolate bars » aux « organic one« .

Le crew de Blaine est : anti-capitalist, anti-mondialiste, anti-sucre, geek, et considèrent que « conservative is the worst insult« . Crew post-moderne aussi, dont l’amie Korean American who thaught African American studies est un emblématique membre.

Pour Blaine « the world can be like the room where they all gather, equal« , mais Ifemelu découvre que le crew libéral peut à l’occasion se révéler « libéral-nationaliste » : la critique US leur est réservée, reste mal venue de la part des ajoutés.

Ifemelu décroche a research fellowship à Princetown.

Rencontre Boubacar, avec lequel elle partage quelque chose de « primally African« , une fraternité, des curry indiens et des sandwiches nord-africains.

Se sent coupable devant le mépris qu’elle affiche face à la candeur qu’affichent ses parents en visite, et leur six months visa.

Ifemelu, Blaine, Obama et races in America

En Amérique, Ifemelu découvre qu’elle est noire, et sa signification dans une Amérique qui se veut post-moderne et color-blind : si le noir ne doit plus être une couleur, il reste bien un manque, un déficit de pouvoir. Car si both Blacks and Whites may be racist, seuls les blancs ont le pouvoir de discriminer.

Elle découvre aussi all the issues of the Africans Americans.

La voie autorisée ? Humour, subtility, nuance, no bitterness, not overreact, sous risque d’être catégorisé « angry black ».

La colère est interdite, soit, Blaine est en colère; Ifemelu ne l’est pas assez, Ifemelu est dans l’observation. Blaine est African American, Ifemelu est American African.

Blaine, l’African American qui envie Ifemelu l’American African, because it « must be good to know where you’re from« .

Reste qu’Ifemelu n’est pas dupe non plus. Even if she wishes it was not, race remains an issue, et le nier n’aide qu’à keep »their nice liberal friends comfortable« 

 » (…) it’s not about you. American Blacks are not telling you that you are to blame. They are just telling you what is. (…) ask questions. (…) say you are uncomfortable about asking questions (…). It’s easy to tell when a question is coming from a good place. Then listen some more. Sometime people just want to feel heard. Here’s to possibilities of friendship and connection and understanding.« 

Elle découvre en outre que l’Amérique est la terre des « Oppression Olympics among minorities« , un pays où ses amis ont beau être Japanese American, Chinese American, …, « half-cast » reste un bad word.

Peut-être Ifemelu n’est-elle pas assez américaine, pas assez en colère, pas assez concernée, en tout cas elle déçoit Blaine lorsqu’elle snobe une manifestation anti-racisme, grand moment de communion progressiste, which was « like a mini-America« .

Heureusement, la campagne présidentielle va transcender leurs différences, unis par le Obama’s hope, puissant ciment de leur couple. Obama, a shared passion.

Leurs coeurs et espoirs battent à l’unisson pour ce candidat qui n’est pas métis mais black, because « your race is decided for you« …

Rien ne semble pouvoir entamer leur enthousiasme, pas même son speech un peu consensuel sur la race, certains que leur héros se montre pragmatique pour se faire élire, ensuite il agira.

Election Day : pour Ifemelu, « Nothing was more beautiful than America« .

Back home

« Her blog was doing well, with thousands of unique visitors each month, and she was earning good speaking fees, and she had a fellowship at Princetown and a relationship with Blaine (…) and yet there was cement in her soul. It had been there for a while (…). It brought with it amourphous longings, shapeless desires, brief imaginary glints of other lives she could be living, that over the months melded into a piercing homesickness. She scoured Nigerian websites, Nigerian profiles on Facebook, Nigerian blogs, and each click brought yet another story of a young person who had recently moved back home, clothed in American or British degrees, to start an investment company, a music production business, a fashion label, a magazine, a fast-food franchise. She looked at photographs (…) and felt the dull ache of loss, as though they have (…) taken something of hers. There were living her life. Nigeria became where she was supposed to be, the only place she could sink her roots in without the constant urge to tug them out and shake off the soil. And, of course, there was also Obinze. Her first love. » (6)

Rentrer au Nigéria « Why ??? » clament en coeur ses interlocuteurs. Pas de certitude. De la complexité.

She was « chasing something she could not articulate clearly, even to herself« .

Un sentiment : doesn’t want kids in America.

Et puis cette injonction « Lagos is full of American returnees, so you better come back and join them » (14)

Ses parents affirment qu’elle couldn’t cope with Nigeria… Et toujours le doute, qui subsiste : What if ? Avec ses papiers, elle pourra toujours revenir. Car si elle évite le sacrilège des immigrants ne demandant jamais aux immigrants comment ils ont obtenu leurs papiers, elle n’en est plus une, d’immigrante. Elle est américaine, ce qui la différencie de ses congénères, qui peuvent eventually send money home, but can’t go when their parents die, because of papers…

Avant son départ, on retrouve Ifemelu mangeant une bar organique dans un salon de tresses africain (les cheveux, toujours), et même si elle ne share plus vraiment leur Africanness, their « tribe thing », même si elle semble avoir « lost her way« , pour celles qui contribuent à affirmer capilairement son identité désormais hybride et assumée, she is « still a sister« .

Avant de la retrouver à Lagos, petit résumé du parcours géographique d’Ifemelu : NYC, Philadelphia, New Haven, Princetown.

Focus sur Obinze : The Zed invisible dans Londres…

Obinze, débarqué à Londres grâce à un petit arrangement avec la vérité, se retrouve rapidement sans papiers.

Rapidement aussi, il cesse de contacter sa mère, à qui il n’a rien à raconter.

Dans l’illégalité, Obinze le caïd, The Zed, devient le paria, l’invisible, la peur au ventre.

A Londres il ne découvre pas la grande solidarité communautaire.

Il découvre en revanche des gens du pays qui s’évitent pour se réinventer.

En fait, « London is a leveller« , ils sont tous les mêmes dans cette cité où il se lie avec ceux qu’il n’aurait jamais fréquenter au Nigéria. Et parmi les compatriotes, il y a l’ancien paria de l’école qui désormais peint le pays comme une jungle à sa très blanche English wife et pense que quelque chose est beau parce qu’il a été fait main par des pauvres…

Obinze découvre bientôt d’autres réseaux pas très solidaires ceux-ci, et le business des faux permis. Pour survivre, Obinze devient Vincent, ce qui lui coûtera 35% de ses revenus…

Désormais déménageur, c’est à la librairie qu’il se réfugie pour redevenir Obinze, retrouver une part de lui.

Le climat est tendu dans cette Angleterre qui panique vis-à-vis des requérants et où il est mis face à la prolifération des articles sur l’immigration. Dans ce présent qui semble déconnecté du passé, le regard d’Obinze commence à changer lui aussi vis-à-vis de ces Nigérians qu’il croise dans le métro.

Si Ifemelu a découvert que l’Amérique a ses races, Obinze comprend lui que l’Angleterre elle a ses classes.

Dans les discours,Obinze entend l’incompréhension pour ceux qui comme lui s’en vont simplement. Même les bouches les plus humanistes tolèrent du bout des lèvres le refuge pour ceux fuyant d’horribles guerres. Aucun salut en revanche pour ceux ayant l’indécence de rêver. Ceux-là sont accusés de trahir leur patrie, de manquer à leurs responsabilités.

« (…) all understood the fleeing from war, from the kind of poverty that crushed human souls, but they would not understand the need to escape from the oppressive lethargy of choicelessness. The would not understand why people like him, who were raised well-fed and watered but mired in dissatisfaction, conditioned from birth to look towards somewhere else, eternally convinced that real lives happened in that somewhere else, were now resolved to do dangerous things, illegal things, so as to leave, none of them starving, or raped, or from burned villages, but merely hungry for choice and certainty.« 

Pour résumer son aventure anglaise, Obinze sera dénoncé par deux fois, épuisant les deux solutions à sa portée : faux papiers, mariage arrangé. Finalement déporté, il n’agira pas comme ceux qui à peine rentrés décident de retenter. Obinze a quelque chose de précieux à perdre, et qu’il compte bien conserver : sa dignité.

… Triomphal à Lagos

Back au Nigéria, devenu riche homme d’affaires à Lagos, Obinze offre un job à son ancien collègue anglais Nigel, qui émigre à son tour, à Lagos, et dont la relation avec sa cité d’élection ira de « Lagos has so much flavor » à une longue plainte sur son infernal traffic.

Obinze est désormais un homme bien marié, avec « a kid who say amen« , très concernée par les questions de responsabilité et de culpabilité… Une épouse aidée par la mentalité des potes d’Obinze pour lesquels épouser la femme qu’on aime relève du « white people behaviour« .

Au Nigéria, Obinze redécouvre les tribus et leur racisme mutuel… Un racisme de classes, un racisme social, car selon lui « The wealthy don’t really care about tribe. But the lower you go, the more tribe matters. » (467)

Peut-être tout est-il toujours question de compte en banque et désormais Obinze obtient des visas très facilement avec le sien… Et fait ce que les riches des villes sont supposés faire, payer les frais de scolarités des enfants des villages.

Si l’Amérique a ses races, l’Angleterre ses classes, le Nigéria lui a son clientélisme. Un clientélisme encore ancré, malgré le changement de régime. Si Obinze entend les nombreuses critiques émises à l’encontre du Gouvernement, argent volé, contrats pas remplis, etc., il se montre en revanche plus tolérant. Difficile d’être clean quand « everything is set up for you to steal. » (468)

Dans ce nouveau Nigéria, les spéculateurs sont partout, de même que les pétroliers venus chasser l’argent au pays et installant femme et enfants en Angleterre. Mais faut-il pour autant cracher sur les compagnies ?

Ifemelu : discovering new Lagos

She’s back ! Part of those « manic optimism Returnees« , who live in a cartoon and like to show how « wordly they are« .

She is back. Surprised by everything, feeling unbearable emotions, beautiful sadness… She has done it.

Retrouve l’humidité, le son du générateur, le trafic.

Découvre une new Lagos avec cette nouvelle épidémie : les « Events ». Lagos et sa new middle class engendrée par la démocratie, avec ses so much investments, markets to take. Lagos, cette « transactional city« , ville chère où les riches Nigérians dépensent beaucoup, capitale d’un État considéré comme a « high-risk country » où les lieux d’affaires renforcent leur sécurité. Lagos, une ville où l’on est « Thieves or Beggars« .

Ifemelu se sent grateful to have the choice. Si elle échoue à se réintégrer, she could always leave.

Mais elle n’aura éventuellement pas à avoir recours à son sésame de retour, eu égard à son nouveau statut « d’Américaine », de Returnee, qui lui ouvre nombre de portes. Elle décroche facilement un job parce que considérée comme a « real American », donc bosseuse. Pas de difficulté non plus pour l’appart, les landlords préférant les expatriate renters aux locaux…

Oui, Ifemelu fait désormais partie des Returnees, avec leur statut, leur chauffeur, le « spirit of America over her head« . Ce spirit, pas la seule chose qu’elle a ramené dans ses bagages, alourdis d’une dose de snobisme, car Ifemelu est désormais une « confident person who recognizes kitsch« .

Elle fréquente donc naturellement le Nigerpolitan Club, avec lequel elle partage les mêmes références. Elle va aux brunchs, despise Nollywood et ce qu’elle miss désormais… a descent vegetarian place !

Oui Ifemelu juge, un peu, elle (à qui on fait quand même remarquer qu’elle a obtenu ses papiers grâce à son white guy) juge ses copines dont les vies sont définies par les hommes, dont le sujet préféré est le mariage, qui épousent « the man who can best maintain you », elle juge les « Madames » qu’elle visite pour ses articles dans leur giant marble houses et qui paient pour cette publicité.

Elle juge et « moan » un peu aussi.  Elle n’échappe pas à l’arrogance des Returnees, de retour to make money, start businesses, changer le pays, se plaignant de tout ce que le Nigeria n’est pas… Mais Lagos n’est pas New York, Lagos est juste ce qu’elle est, assortie, et Ifemelu de méditer sur la propre logique hybride des lieux : «  and so get over yourselves and realize that the way of life here is just that, assorted. A nation of people who eat beef and chicken and cowskin and intestines and dried fish in a single bowl.«  (421). 

The futur of Lagos : uniformisation and « High hell shoes life » ?

Ifemelu assiste avec une pointe de nostalgie à la disparition progressive de la Lagos populaire, à la destruction des « hawkers’ shacks« , à l’uniformisation de la cité.

Elle voit se répandre le mode de vie des « High hell shoes » et s’interroge quant à l’avenir de sa ville et sa perte d’authenticité programmée… Evolution inéluctable des grandes cités mondialisées ?

Mais si « There are many different ways to be poor in the world but increasingly there seems to be one single way to be rich » (469), il subsiste une différence conséquente qui sépare le Nigéria des vieilles terres de l’Ouest : sa phase de croissance, son rapport au passé et à la mondialisation.

« When I started in real estate, I considered renovating old houses instead of tearing them down, but it didn’t make sense. Nigerians don’t buy houses because they’re old. A renovated two-hundred-year-old mill granary, you know, the kind of thing Europeans like. It doesn’t work here at all. But of course it makes sense because we are Third Worlders and Third Worlders are forward-looking, we like things to be new, because our best is still ahead, while in the West their best is already past and so they have to make it fetish of that past.« 

« This is our newly middle-class world. We haven’t completed the first cycle of prosperity, before going back to the begining again, to drink milk from the cow’s udder. » (444)

Sur l’auteur http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/02/05/chimamanda-ngozi-adichie-imperiale_4570126_3260.html